















Projet P45 S2 Master 1
Encadrants: Guillaume Ramillien – Théophile Bianciotto
Design Built
Projet de construction dans la cour d’une école Mlomp | Basse-Casamance, Sénégal Master 1 — deuxième Semestre
Ces deux planches de détails techniques explicitent la matérialité de l’ouvrage et son mode constructif à travers une logique d’assemblage rigoureuse, liant intimement l’ancrage au sol et la superposition de la matière.
Le projet prend racine dans le sol compact par le biais d’une fondation en béton cyclopéen. La mise en œuvre débute par une excavation manuelle étroite de 20 cm, élargie ensuite à 40 cm sur une profondeur de 30 cm. Ce profil de rigole accueille un lit dense de pierres locales non calibrées noyées dans un mortier, créant une base lourde et inerte.
Au-dessus de cette fondation s’élève la longrine ou le muret de soubassement, coffré de manière à ménager des redents ou des décrochés techniques . Ces encoches longitudinales de 20 cm de profondeur stabilisent l’assise tout en amorçant la géométrie des blocs supérieurs.
L’élévation du mur repose sur un appareillage de briques de terre compactée parallélépipédiques modulaires (40×20×12 cm), assemblés selon une logique d’appareillage alterné particulièrement étudiée :
La planche zoome sur la tectonique et la réversibilité des liaisons en pied et en tête d’ouvrage :
Les broches d’ancrage : En tête de mur, des tirants métalliques ou des broches en forme de « J » inversé s’insèrent verticalement dans des blocs de maçonnerie évidés puis coulés. Ce clavetage mécanique verrouille l’assemblage supérieur sous l’action combinée de la gravité et du serrage, offrant une résistance structurelle optimale face aux sollicitations mécaniques tout en affirmant une esthétique de la construction réelle et visible.
Les nœuds de cordage : Les détails de cordages et d’amarrages illustrent des techniques de ligature traditionnelles. Ces nœuds autobloquants permettent de fixer solidement les éléments de l’assise ou des structures légères en tension sans utiliser de fixations chimiques, garantissant la réversibilité et la souplesse du système.





Projet P45 S2 Master 1
Encadrants: Guillaume Ramillien – Théophile Bianciotto
ARCHITECTURE EN REFUGE : REPENSER L’INFRASTRUCTURE RURALE À MLOMP
Projet de Gare Routière Bioclimatique | Basse-Casamance, Sénégal Master 1 — Premier Semestre
Mobilier d’assise publique bioclimatique,
Mlomp, Basse-Casamance
Ce projet de recherche et de conception architecturale interroge le transfert des mécanismes de résilience du vivant vers l’espace public à travers la création d’un dispositif d’assise habité. Situé à Mlomp (12.5∘ N de latitude), l’ouvrage est conçu pour offrir une régulation thermique passive optimale en s’appuyant exclusivement sur les énergies environnementales locales et la physique des matériaux. La démarche refuse l’idée d’une enveloppe étanche et déconnectée pour proposer une architecture de transition, pensée comme un filtre dynamique entre le corps humain, la matière et son climat.
Le point de départ du semestre s’ancre dans l’analyse biomorphologique de l’huître de palétuvier (Crassostrea gasar) au sein de l’écosystème de la mangrove. Au-delà d’une simple observation esthétique, le travail graphique a mis en évidence les réponses structurelles de la colonie face au stress thermique intense de la phase d’émersion. La géométrie imbriquée et plissée de la grappe d’huîtres génère un auto-ombrage critique qui protège les organismes de la déshydratation, tandis que la coupe macro-structurelle de sa coquille , alternant strates denses et lentilles de craie poreuses, agit comme un véritable rupteur thermique naturel. Ces principes biologiques de déviation du rayonnement et d’isolation par la forme ont constitué la base conceptuelle du projet.
Parallèlement, une étude approfondie de l’organisme humain a permis de le modéliser comme un système d’échanges thermiques constants. Le travail cartographie les mécanismes de la thermorégulation humaine (thermogenèse, thermolyse) en quantifiant les transferts d’énergie s’opérant par rayonnement (60%), convection (15%) et conduction (15%), complétés par le rafraîchissement critique induit par l’évapotranspiration de la sueur.
Un parallélisme graphique fondamental a été tracé entre les couches de l’épiderme et les strates sédimentaires du sol, démontrant que la peau et la terre partagent les mêmes lois de cohésion, d’effusivité et de stockage d’inertie. Cette approche anthropologique s’est traduite par le relevé des postures vernaculaires (positions accroupies, statiques) et l’établissement d’un diagramme anthropométrique précis calibré sur la stature moyenne locale (1,70 m), fixant le cadre ergonomique inclusif et les rayons d’action du corps dans l’espace.
Le projet synthétise ces recherches amont dans un élément architectural en anneau. Orienté rigoureusement sur un axe Est-Ouest en lisière ouest du village face aux rizières, le banc est idéalement positionné pour capter les vents marins du Nord-Ouest tout en gérant l’exposition solaire annuelle. Sa paroi extérieure, texturée et ondulée à l’image des grappes d’huîtres, maximise l’auto-ombrage de la structure au fil de la course du soleil aux solstices.
Le passage de la théorie à l’ouvrage s’exprime dans la rigueur de sa coupe constructive. Conçu pour la construction réelle, le banc s’ancre dans une terre latéritique compacte et argileuse, un sol rude qui exige une excavation franche et mesurée. L’assise ergonomique repose sur une imposante fondation en béton cyclopéen excavée en rigole. Cette maçonnerie lourde de pierres locales liées s’insère intimement dans la matrice argileuse du terrain et fait office de gigantesque puits de fraîcheur. En s’asseyant ou en s’allongeant sur les différentes portions en étoile du dispositif, le corps de l’usager entre en contact direct avec cette masse inerte : la chaleur corporelle est absorbée et dissipée par conduction thermique descendante à travers les fondations et le sous-sol profond. L’architecture ne subit plus son milieu ; elle devient une extension physique des mécanismes de régulation thermique du corps humain.








Projet P45 S1 Master 1
Encadrants: Guillaume Ramillien – Théophile Bianciotto
ARCHITECTURE EN REFUGE : REPENSER L’INFRASTRUCTURE RURALE À MLOMP
Projet de Gare Routière Bioclimatique | Basse-Casamance, Sénégal Master 1 — Premier Semestre
Loin d’être un simple nœud de transit asphalté, stérile et générique, ce projet envisage la gare routière comme une rotule urbaine et un abri bioclimatique capable de s’insérer respectueusement dans l’écosystème de la Basse-Casamance. Face à l’urgence environnementale contemporaine, ce travail défend une conviction forte : l’avenir architectural réside dans l’optimisation des volumes, une consommation sobre et raisonnée des matériaux, et une écoute fine des usages vernaculaires. L’infrastructure n’est plus pensée comme une frontière rigide imposée au territoire, mais comme un sol texturé, poreux et accueillant, capable d’offrir un confort passif optimal tout en sublimant la vitalité de l’économie locale.
Le projet est le fruit d’une approche empirique et d’un diagnostic territorial rigoureux. Une étude comparative approfondie a d’abord été menée sur les gares routières régionales de Ziguinchor et d’Oussouye afin de décrypter les modes d’appropriation réels de l’espace public.
À l’échelle du village de Mlomp, un inventaire précis des typologies de véhicules (du triporteur de 3 m3 au minibus de 15 m3) et une analyse fine du réseau viaire — marqué par l’axe de latérite central et la capillarité des sentiers piétons — ont guidé le choix de l’implantation. Le projet s’installe à l’intersection des polarités villageoises pour canaliser les flux sans jamais heurter la tranquillité des concessions familiales traditionnelles.
La traduction architecturale s’affranchit du plan-masse orthogonal classique pour proposer un système d’îlots organiques en forme de croissants. Ces plateformes guident les trajectoires des véhicules tout en créant des zones de refuge et de fraîcheur pour les piétons et les marchands.
Le projet puise sa force dans une expression constructive locale et éco-responsable :
À travers cette imbrication entre technique bioclimatique et sociologie de l’informel, la gare routière de Mlomp devient un manifeste physique : la démonstration qu’une infrastructure publique peut faire corps avec son paysage, ses artisans et ses coutumes.








Projet 2
Encadrante :
Shaoshu Zhang – Architecte Bollinger+Gr
En parallèle de mon projet, j’ai conduit une étude approfondie du Lot F de Chapelle International, conçu par Charles Pictet et Atelier Martel, pour en saisir la logique constructive et les principes architectoniques. Ce travail s’est structuré autour d’un jeu d’échelles rigoureux, allant de la lecture globale du bâtiment à l’analyse millimétrée des détails. L’observation de la volumétrie, de la double émergence et de la trame porteuse m’a permis de comprendre la manière dont ce bâtiment articule densité, rationalité et qualité de vie.
L’étude de la façade a été centrale : panneaux préfabriqués en béton blanc, rythme des percements, profondeur constructive, traitement des seuils et des dispositifs d’occultation. J’ai ensuite prolongé cette analyse par des coupes techniques, où la relation entre structure, fonctions superposées et distribution verticale révèle un système profondément cohérent.
Enfin, la réalisation de détails aux échelles 1:5 et 1:1 m’a offert une immersion dans la précision constructive : jonctions béton–menuiserie, continuités d’isolants, ancrages de garde-corps, assemblages et points singuliers qui conditionnent la performance globale du bâtiment.
Ce travail m’a permis d’ancrer mon approche architecturale dans une compréhension fine du construit, où chaque échelle éclaire l’autre, et où la façade, la structure et les usages s’assemblent dans un ensemble technique maîtrisé.






Projet 1 – L3 – P32
Ingrid Taillandier ITAR
Réhabilitation de la Tour Areva – Une ville verticale résiliente et durable
Sous la supervision de l’architecte Ingrid Taillandier Itar, ce projet de réhabilitation de la tour Areva à La Défense répond à une transformation radicale : passer d’un bâtiment de bureaux obsolète, fragilisé par la généralisation du télétravail, à un ensemble résidentiel multifonctionnel et durable.
L’approche repose sur le concept de ville verticale, où chaque étage devient un micro-éco-système autonome. Une pente récupérant les eaux de pluie alimente des bassins de fraîcheur en été et redistribue cette ressource toute l’année pour les toilettes et les plantations, intégrant ainsi un cycle de l’eau circulaire directement au cœur du bâtiment.
Sur quatre étages, le projet concentre des logements d’urgence pour femmes et enfants, complétés par une salle de cours, une médiathèque, une infirmerie, un sas de rencontre avec les assistantes sociales, un centre médical et des commerces de proximité essentiels à la vie quotidienne. L’objectif est de créer un habitat solidaire et fonctionnel, pensé pour répondre aux besoins immédiats tout en favorisant l’autonomie et le confort.
La conception des logements familiaux repose sur une stratégie d’optimisation de l’espace : le rangement saisonnier libère les surfaces de vie, et les équipements collectifs, comme la laverie partagée, réduisent l’emprise des fonctions domestiques sur les logements. Cette approche pragmatique maximise la qualité de vie au sein de surfaces réduites. Le toit de la tour devient un espace public actif avec une piste de course et un jardin suspendu, utilisant la structure porteuse des circulations verticales pour créer des plantations en hauteur. Cette intervention renforce le lien entre le bâtiment et son environnement, tout en offrant un espace de loisirs et de respiration pour les habitants.
Enfin, le projet met un accent fort sur la réutilisation des matériaux existants. Les kilomètres de moquette présents dans la tour ont été transformés en panneaux isolants acoustiques pour les dortoirs, réduisant le gaspillage et intégrant une logique circulaire dans le chantier. En résumé, cette réhabilitation illustre une vision où durabilité, fonctionnalité et résilience se conjuguent dans un projet urbain vertical, transformant la tour Areva en un lieu habité, vivant et socialement engagé.









Projet 3 P31
Encadrant: Mathias Romvos / Nicolas Pham
Complexe sportif de Montreuil – Conception architecturale
Le projet de complexe sportif à Montreuil s’est construit sur une étude méthodique du site, du quartier et des usages : analyse des mobilités, des équipements existants, des besoins réels des habitants et des contraintes propres à ce secteur de l’est parisien.
À partir de ce diagnostic, un cahier des charges précis a été élaboré, intégrant calculs de charges, exigences programmatiques et évaluation de l’empreinte carbone. La réponse architecturale prend la forme d’un bâtiment bas, volontairement discret, qui s’inscrit dans la pente naturelle du terrain pour minimiser son impact visuel et optimiser son intégration urbaine. Le complexe s’organise autour d’un jardin central, véritable cœur paysager du projet : un espace de fraîcheur, d’ombre et de respiration qui articule l’ensemble des pratiques sportives.
Autour de ce jardin, des murs habités structurent le plan tout en générant une porosité maîtrisée, atténuant les nuisances sonores de la ville et créant une ambiance intérieure calme et protégée. La conception privilégie la lumière, l’étalement et la légèreté structurelle, en écho aux caractéristiques de Montreuil. Les matériaux — brique, acier, verre — renvoient à l’histoire industrielle locale et à la présence passée de la Plâtrière sur le site. Un mur ouest existant, conservé dans son état tagué, devient un manifeste d’inclusivité et d’ouverture, rappelant que le sport fédère autant qu’il rassemble.
La structure réemploie des matériaux présents sur la parcelle, tandis qu’une toiture unifiée enveloppe l’ensemble et renforce l’idée d’un lieu protecteur, tourné vers son jardin intérieur. Conçu comme un espace de transition entre ville et nature, le complexe sportif de Montreuil combine activité physique, sociabilité et ancrage local, en proposant une architecture ouverte, lumineuse et profondément contextuelle.







